Relation idel patient

La relation IDEL patient : de quoi écrire un livre pour beaucoup d’infirmières libérales.

Tant que le comportement du patient est correct, respectueux et courtois.
Ce qui sous-entend la même chose de la part de l’infirmière libérale ou de l’infirmier libéral.
Tout va très bien avec un bon relationnel pour préserver confiance et sérénité, et ce, malgré les aléas liés à certaines pathologies.

A lire notre article sur le code de déontologie des infirmiers, qui traite entre autre, des devoirs envers les patients.

 

La relation de l’IDEL et son patient : variabilité, fragilité

Le « rapport de force psychologique » est inversé du fait de l’intervention d’un soignant infirmier seul, face à son patient et éventuellement sa famille, au sein de l’intimité du domicile.
Cette relation est en fait un composite évolutif de plusieurs relations différentes avec le plus souvent des trajectoires parallèles:

– La relation de dialogue.
Une communication et confrontation de deux vécus et de leur conscience respective.
Un contact plus verbal que physique, premiers échanges, observation, introduction à la relation d’aide.

– La relation d’aide.
Une demande et attente du patient avec son questionnement et ses doutes.
Les réponses du soignant avec sa compétence, son expérience et son propre vécu, intervention suite à un « appel au secours ».
La naissance d’une relation de soin et peut-être, des prémisses à une notion de confiance.

– La relation de soin.
Le déroulement du protocole, proximité physique et psychologique, un vécu partagé par deux postures différentes.
Il peut y avoir des modifications de comportement surtout si les soins sont de longue durée.
Avec une apparition possible d’affinité potentielle, une introduction possible de relation de confiance.

– La relation d’empathie.
Le développement de tendance affective possible, approfondissement de la relation de soin, renforcement de liens plus humains.
Attention à la nécessité de préservation du soignant avec le début d’une relation de confiance.

– La relation de confiance.
Des notions de partage voire d’attachement entre deux personnes, établissement d’un équilibre même précaire.
Une base sur l’écoute, la connaissance de soi et de l’autre, la reconnaissance de l’autre, la confiance en soi pour pouvoir faire confiance à l’autre.

 

Dans le cas contraire où la relation IDEL patient se dégrade

Les infirmiers libéraux ne doivent pas oublier qu’ils sont:

– Des soignants professionnels avec des droits, des devoirs et une déontologie.

– Des travailleurs indépendants qui tentent d’exercer leurs multiples compétences.
Tout en préservant des rapports humains avec la patientèle et des rapports commerciaux avec la clientèle.

– Des praticiens particulièrement exposés, qui doivent apprendre aussi à se protéger de certains types de patients et de leurs propres « démons ».

-Des êtres humains qui exercent une activité professionnelle, parfois ingrate et souvent difficile, qui doivent avoir des possibilités de se ressourcer par ailleurs.
Afin de maintenir leur équilibre personnel et professionnel.

– Comme abordé dans notre article sur la confraternité infirmière, attention à la relation psychologique qui peut dégénérer.
Entre 2 personnes voire plus, peut très rapidement devenir complexe et difficilement gérable.

Lorsque les infirmières et infirmiers libéraux doivent faire face à:

– La mauvaise fois, le manque d’éducation ou simplement la bêtise.

– La perversion (classique, narcissique), ou la manipulation.

-L’agressivité (voire l’agression caractérisée) verbale, psychique ou physique..

 

Même si le maintient d’une attitude pondérée est parfois difficile

Il convient d’adopter une attitude « cool ». Cela passe d’abord par:

– l’écoute et le maintien du dialogue « verbal et non verbal » (regard et expression corporelle),

– le refus d’entrer dans un processus d’agressivité croissante,

– le maintient du devoir de respect mutuel et de votre détermination,

– le rappel que votre présence est liée à un besoins de soins,

– le rappel que vous n’êtes pas un(e) auxiliaire de vie,

– la prise de recul pour que la réflexion prenne le pas sur l’énervement,

– la préservation du côté émotionnel,

– l’évitement du glissement de l’empathie vers un surplus affectif, pour ne pas gêner votre objectivité professionnelle…

A lire également notre article sur interruption des soins infirmiers. Et notre article sur maltraitance de patient d’IDEL.

 

Une mini-fiche de synthèse sans prétentions, sur ce sujet vaste et compliqué

 

COMMUNICATIONmaintien du contact par une incitation permanente avec un dialogue adapté au contexte sociologique et à l’état psychologique de votre interlocuteur
DETERMINATIONmaintien de votre résolution par vos connaissances, votre savoir-faire, vos obligations professionnelles, votre éthique et votre sens du respect partagé
PROTECTIONmaintien de votre réflexion, des acquis de votre expérience personnelle et professionnelle, la maitrise de votre émotion et de votre émotivité

 

 

 

 

 

 

 

 

Le relationnel est traité de façon plus rigoureuse et plus scientifique dans une multitude d’ouvrages.
Il s’agit simplement d’un concentré d’informations et de rappels de « bonne » conduite à adopter.

Quoi qu’il arrive, il est important de rester dans votre propre rôle.
Vous n’êtes pas une « bonne sœur », une cuisinière ou une femme de ménage, sans être péjoratif au demeurant. Chacune et chacun son métier.

Sans parler du patient qui tombe amoureux de « son » infirmière : un classique pas toujours facile à gérer.
Alors à moins que ce soit l’amour de votre vie, restez professionnelle et recadrez tout au plus vite sur la relation de soin uniquement.

Il s’agit de vraiment bien intégrer que vous vous situez uniquement dans un cadre professionnel.
Afin de pouvoir mieux le faire accepter au patient.
Si vous voulez être respecté dans vos fonctions et vos responsabilités, sachez de votre côté, vous y maintenir avec le moins de débordements possibles.

Un rôle clairement définit dès le départ, sera plus facile à maintenir tout le temps du traitement.
Surtout si celui-ci est amené à durer, en fonction de l’évolution de la ou des pathologies, ou de la régression de l’état d’un patient.

 

Olivier Luck